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Nayma mayotte

Mayotte : avec Nayma,l’école plutôt que la rue.

L’association Nayma sauve des enfants de 6-15 ans à Mayotte.

Après le cyclone Chido, nos équipes Solidarité Monde ont financé 120 000 € pour rouvrir 4 classes.

Kits scolaires, repas chauds, épanouissement : 38 enfants ont déjà intégré l’école publique !

 

C'est une petite maison colorée dans la rue de la mosquée. Enfin, petite de l'extérieur parce que quand on y pénètre, on la voit pleine de vie, peuplée chaque jour d'une cinquantaine d'enfants de 6 à 15 ans. C'est ici qu'ils apprennent les balbutiements du français dans l'espoir d'intégrer un jour l'école publique.

L'Association Nayma, acronyme mahorais pour dire « Avançons ensemble dans la Paix et la sérénité », créée par Roukia Lahadji, a commencé l'alphabétisation des enfants à la suite d'affrontements violents entre jeunes des communes de Mirereni et de Combani dans le centre de Mayotte. Roukia s'est alors dit qu'il fallait scolariser au plus tôt ces mineurs « pour leur apprendre à ne pas se battre » et elle est allée les chercher directement sur les barrages qu'ils avaient érigés. Depuis des dizaines d'enfants participaient chaque jour au cours d'alphabétisation qui leur étaient proposés jusqu'à ce que le cyclone Chido dévaste leurs salles de classe le 14 décembre 2024. 

Roukia et ses équipes ne baissent pas les bras. Elles trouvent rapidement de nouveaux locaux dans la commune voisine de Mroalé mais il faut tout aménager et sécuriser pour pouvoir à nouveau y accueillir les enfants.

Ce sera chose faite en un temps record grâce au soutien de l'équipe de Solidarité Monde de la Fédération de Paris du Secours Populaire Français. 4 classes sont rouvertes dès août 2025 « avec un soutien financier de 120 000 € du SPF » se félicite Fassuhou-dinne, le responsable du centre.

Pour les parents de ces enfants, c'est un soulagement tant ils craignent que ces derniers, faute d'école, ne sombrent dans la délinquance. Dhoiyfati était très inquiète pour son neveu Ben Yasser, qu'elle a recueilli à la mort de ses deux parents. « Ben Yasser est né aux Comores et ne parlait pas du tout le français. Il vient ici depuis un mois et je le vois changer. Jusqu'à présent, il était renfermé sur lui-même. Il voyait mes enfants partir à l'école et pas lui.

Aujourd'hui, il commence à lire des phrases en français et il retrouve le sourire » explique-t-elle. Ben Yasser, 12 ans, confirme : « avant je restais tout seul à la maison, je m'ennuyais. Moi j'aime bien apprendre et puis les autres enfants de la famille sont plus gentils avec moi depuis que je peux parler avec eux en français ». Fatou, maman de 8 enfants, accompagne chaque jour sa petite Aïcha, 6 ans. « C'est elle qui me réveille tous les matins à 5 heure pour aller à l'école » sourit Fatou qui raconte que Aïcha « joue à l'institutrice avec ses frères et sœurs pour leur apprendre des mots en français ». Un peu comme Ikbale, 8 ans, qui explique dans la rue, à sa mère, ce qui est écrit sur les panneaux. « En deux ans, il a appris beaucoup de choses » assure Ramlaati, fière de ce fils qui fait moins de bêtises depuis qu'il vient dans ce centre de l'enfance. 

L'aide du Secours Populaire a non seulement permis d'aménager les locaux mais aussi d'offrir des kits scolaires et un déjeuner à ces enfants dont c'est parfois le seul repas de la journée. Tandis que certains sont en classe, les autres bénéficient d'une animation avec l'équipe de Dahabou qui travaille « à leur épanouissement personnel.

Beaucoup arrivent fermés sur eux mêmes. Ils vivent dans des bidonvilles, parfois leurs parents ont été renvoyés aux Comores et ils sont « adoptés » par des proches. On les aide à trouver des repères, à faire des câlins, à leur montrer qu'il n'y a pas que les expulsions et les caillassages dans la vie ».

Pour ces enfants, « le plus dur c'est souvent le passage à l'écriture » explique Ali Rabouan. L'enseignante a parfois cru que "certains enfants avaient des problèmes psychologiques et puis on les a vu s'épanouir au fur et à mesure de leur apprentissage. C'est un moment de gratitude » se félicite-t-elle. 

Depuis 2024, Nayma a reçu 80 enfants et « 38 ont déjà pu intégrer l'école publique » alors qu'ils ne parlaient pas un mot de français au départ, souligne Fassuhou-dinne. « Après Chido, nous étions désorientés. L'aide du Secours populaire, c'est à dire presque 100% du projet, a été déterminante » insiste Roukia Lahidji. Elle a d'ailleurs en tête d'autres idées à soumettre à l'équipe de Solidarité Monde de la Fédération de Paris du Secours populaire : « On a un projet de protection de la ressource en eau sur la retenue collinaire de Combani pour amener l'eau jusqu'à la station de traitement avant distribution aux populations » souvent démunies de ce précieux liquide.

Il faut d'abord nettoyer les collines dévastées par Chido puis replanter des arbres. Des responsables du Secours Populaire sont déjà venus voir sur place.